Gaz
Réplique CO2 : pourquoi elle faiblit au froid
Une réplique au CO2 qui tirait fort en septembre tire mou en janvier, sans que rien ne soit cassé. Tant qu'elle contient du liquide, la pression d'une cartouche ne dépend pas de la quantité de gaz, mais de la température : 57 bar à 20 °C, 35 bar à 0 °C. Ce guide montre la pression degré par degré, ce qu'une cartouche de 12 g donne en tirs, et comment huiler, ranger, jeter et transporter ses cartouches.
Jamais au soleil, jamais dans la voiture Au-delà de 48,9 °C selon Crosman et de 50 °C selon Umarex, une cartouche de CO2 peut éclater, et le plein soleil suffit à atteindre 50 °C. Ni la cartouche ni la réplique chargée ne restent dans un véhicule fermé l'été.
Pourquoi une réplique CO2 faiblit-elle au froid ?
Dans une cartouche, la pression ne dit pas combien de gaz il reste. Tant qu'il y a du liquide, elle dit quelle température il fait.
Une cartouche de 12 g ne contient pas du gaz comprimé, mais du CO2 en grande partie liquide, surmonté de sa vapeur. Tant qu'il reste du liquide, la pression qui règne au-dessus est celle de cette vapeur, dite pression de vapeur, et elle ne dépend que de la température : 57,3 bar à 20 °C, 34,9 bar à 0 °C, 26,5 bar à -10 °C. Par -10 °C, la même cartouche pleine n'a donc qu'un peu moins de la moitié de sa pression à 20 °C.
C'est aussi pourquoi, à température égale, une cartouche ne faiblit vraiment qu'à la toute fin : tant que du liquide s'évapore pour remplacer le gaz parti derrière la bille, la pression reste celle que fixe la température. Une fois le liquide épuisé, elle baisse à chaque tir. Reste une limite : la table s'arrête à 31 °C, le point critique du CO2, où la pression atteint 73,8 bar. Au-delà, liquide et vapeur ne se distinguent plus.
Quelle pression à quelle température ?
Faites glisser le curseur pour changer la température de la cartouche. Le manomètre lit la pression dans la table du NIST, l'institut américain de métrologie, et indique ce que change cette plage de température.
La pression est celle d'une cartouche qui contient encore du liquide, à la température indiquée. Ce n'est pas une vitesse : une réplique ne réagit pas à la pression de façon proportionnelle, et aucun chiffre de vitesse n'est avancé ici. Entre deux lignes de la table, la valeur est interpolée en ligne droite.
Pression d'une cartouche de CO2 de -20 à 30 °C
Onze valeurs du NIST, de 5 en 5 degrés, chacune rapportée à la pression à 20 °C. Au-delà de 30 °C, on approche du point critique et la série s'arrête.
| Température | Pression | Part à 20 °C |
|---|---|---|
| -20 °C | 19,7 bar | 34 % |
| -15 °C | 22,9 bar | 40 % |
| -10 °C | 26,5 bar | 46 % |
| -5 °C | 30,5 bar | 53 % |
| 0 °C | 34,9 bar | 61 % |
| 5 °C | 39,7 bar | 69 % |
| 10 °C | 45,0 bar | 79 % |
| 15 °C | 50,9 bar | 89 % |
| 20 °C | 57,3 bar | 100 % |
| 25 °C | 64,3 bar | 112 % |
| 30 °C | 72,1 bar | 126 % |
- Le froid Sous 5 °C
- Sous 40 bar, soit moins de 70 % de la pression à 20 °C, et à peine plus d'un tiers vers -20 °C. Chaque tir part plus faible, et Umarex prévient qu'une bille peut alors rester dans le canon. Gardez la cartouche de rechange dans une poche intérieure et espacez les tirs.
- Le frais 5 à 14 °C
- De 40 à 51 bar. Pyramyd AIR parle de puissance réduite dès qu'on passe sous 10 °C. La réplique tire, mais avec 13 à 31 % de pression en moins qu'à 20 °C.
- La plage d'usage 15 à 30 °C
- De 51 à 72 bar. Umarex situe l'usage normal entre 15 et 21 °C, et Pyramyd AIR juge le CO2 à son meilleur entre 21 et 27 °C. C'est là que les vitesses annoncées ont un sens, à condition de savoir à quelle température elles ont été mesurées.
- Au-delà du point critique 31 à 48 °C
- Passé le point critique, vers 31 °C, il n'y a plus de liquide ni de vapeur distincts : la pression ne se lit plus dans la table, elle dépend de la quantité de CO2 enfermée. Dans une cartouche pleine, elle continue de monter avec la chaleur. Rangez à l'ombre : Umarex rappelle que le plein soleil suffit à atteindre 50 °C.
- La cartouche peut éclater Dès 49 °C
- Crosman écrit qu'une cartouche peut exploser au-dessus de 48,9 °C, Umarex au-dessus de 50 °C. Voiture fermée en été, plage arrière, tableau de bord au soleil : ni la cartouche ni la réplique n'y ont leur place.
Pourquoi faiblit-elle aussi en tir rapide ?
Même par 25 °C, une rafale refroidit la cartouche. L'effet est celui du froid, mais c'est le tireur qui le provoque.
Pour remplacer le gaz parti derrière la bille, du liquide s'évapore, et l'évaporation absorbe de la chaleur. Le NIST donne l'ordre de grandeur : il faut 152 joules pour vaporiser un gramme de CO2 à 20 °C, et 231 joules à 0 °C. Une réplique qui tire 80 coups avec 12 g consomme 0,15 g par coup. Or le liquide évaporé doit à la fois remplacer ce gaz et occuper la place qu'il laisse libre : avec les densités du même tableau, cela fait environ 30 joules de chaleur pris à la cartouche à chaque coup à 20 °C, quand la bille, elle, part avec moins de 2 joules.
Tant que les tirs sont espacés, l'air ambiant rend cette chaleur. En rafale, il n'en a pas le temps : la cartouche refroidit, sa pression baisse comme dans le tableau, et les billes sortent de moins en moins vite. Le manuel Umarex le confirme : en tir rapide, la vitesse baisse à chaque coup. Pour Hard Air Magazine, le CO2 est un gaz réfrigérant, et plus on tire vite, plus il se refroidit. La parade est simple : laisser reposer la réplique entre deux chargeurs.
Cartouche CO2 12 g : combien de tirs ?
Un nombre de tirs n'a de sens qu'avec deux précisions : le type de culasse et la température de la mesure.
- Culasse fixe 83 tirs en moyenne
- Mesure de Hard Air Magazine à 18 °C, pour 366 FPS (pieds par seconde) en moyenne. La culasse, la partie supérieure du pistolet, ne bouge pas : tout le gaz pousse la bille. C'est le cas du Ruger P345 d'Umarex, à 1,9 joule. Nos fiches annoncent une cinquantaine de tirs, une estimation prudente.
- Culasse mobile 66 tirs en moyenne
- Même magazine, même température, 325 FPS en moyenne. Une partie du gaz sert à faire reculer la culasse à chaque tir : le réalisme se paie en tirs et en vitesse.
- Cartouche de 88 g plus de sept fois le gaz
- 88 grammes contre 12, pour les répliques qui l'acceptent directement ou par un adaptateur. Le froid la fait faiblir tout autant : la pression ne dépend pas de la taille de la cartouche.
Ce qui fait varier le compte, sur une même réplique : la température d'abord, puisque chaque tir part avec moins de pression au froid ; le rythme ensuite, puisqu'une rafale refroidit la cartouche ; et le moment où l'on s'arrête, car une réplique au CO2 ne tombe pas en panne d'un coup, elle tire de plus en plus court. Umarex rappelle qu'avec trop peu de pression, une bille peut rester dans le canon, et indique le signe à guetter : un tir moins sonore qu'avec une cartouche pleine. Quand le son change, on change de cartouche.
Voir les cartouches 12 g et 88 g Voir les répliques de poing
CO2 ou gaz : lequel en hiver ?
Le CO2 garde bien plus de pression au froid, mais il en perd une part à peine plus petite que le gaz.
| Gaz | -10 °C | 0 °C | 20 °C | Perte de 20 à 0 °C |
|---|---|---|---|---|
| CO2 | 26,5 | 34,9 | 57,3 | 39 % |
| Propane | 3,5 | 4,7 | 8,4 | 43 % |
Le green gas, le gaz des répliques à gaz, est du propane additionné d'huile de silicone. Redwolf le dit sensible au froid et au tir rapide, comme le CO2. Les deux gaz perdent une part voisine de leur pression entre 20 et 0 °C ; la différence est qu'une réplique au CO2 part de 57 bar et garde encore 35 bar à 0 °C, là où le propane tombe sous 5 bar. Chaque réplique est conçue pour un seul gaz : on ne choisit donc pas un gaz, on choisit une réplique.
Pour qui joue surtout l'hiver, la réplique électrique échappe à la question : nos répliques longues sont des AEG, à moteur électrique, sans gaz. Côté munitions, notre fiche du Ruger P345 conseille des billes de 0,20 g.
Comment huiler, vider et ranger une cartouche de CO2 ?
Dans l'ordre d'une séance, de la cartouche neuve à la réplique rangée.
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Une goutte d'huile sur la pointe
Umarex et Crosman demandent une goutte d'huile sur la pointe de chaque cartouche avant de l'insérer, sans en rajouter, et jamais d'huile ni de solvant à base de distillats de pétrole. Les joints de valve sont en silicone : Umarex USA explique qu'une huile classique les dégrade et recommande une huile 100 % silicone.
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Vider avant de retirer
On ne sort pas une cartouche encore sous pression. Crosman demande de vérifier qu'elle est vide en dévissant lentement, jusqu'à ne plus entendre de gaz ; Pyramyd AIR conseille de tirer à vide jusqu'à épuisement. Le gaz qui s'échappe peut geler la peau, préviennent les notices de Crosman et d'Umarex.
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Ne pas la laisser percée dans l'arme
Crosman et Umarex sont clairs : on ne range pas l'arme avec une cartouche dedans, et c'est la longévité des joints qui est en jeu. Pyramyd AIR fixe une limite de 24 à 48 heures. Mieux vaut perdre la fin d'une cartouche que les joints de la réplique.
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Au frais, à l'ombre, hors de la voiture
Crosman place la limite à 48,9 °C et Umarex à 50 °C, une température que le plein soleil suffit à atteindre, ajoute Umarex. Pyramyd AIR demande de ne jamais ranger cartouches et armes dans une voiture. La fiche de sécurité le résume : récipient sous pression, peut éclater sous l'effet de la chaleur, protéger du rayonnement solaire, ne pas exposer à une température supérieure à 50 °C.
Le reste de l'entretien, dont le nettoyage du canon, est dans notre guide Entretenir son arme.
Que faire d'une cartouche CO2 vide ?
Vide, elle rejoint les emballages. S'il reste du gaz, surtout pas le bac de tri.
Assurez-vous d'abord qu'elle est vraiment vide : plus un bruit de gaz au dévissage. Et ne la percez pas pour en avoir le cœur net : la fiche de sécurité d'une cartouche de CO2 dit « ne pas perforer, ni brûler, même après usage ».
L'ADEME, l'Agence de la transition écologique, n'a pas de page pour les cartouches d'armes à air, mais celle qui s'en approche le plus, consacrée aux petites cartouches de siphon, est claire. Totalement vide, la cartouche va dans le bac, le sac ou le conteneur de tri des papiers et emballages. S'il reste du gaz, elle part en magasin ou en déchèterie, jamais dans le bac de tri : elle y présenterait un risque d'explosion pour la collecte. Si la déchèterie la refuse, la collectivité indique où la déposer.
Peut-on transporter des cartouches de CO2 en voiture et en avion ?
Pour la route, c'est la chaleur qui compte. Pour l'avion, c'est la compagnie qui décide.
En voiture, la cartouche voyage dans le coffre ou le sac, jamais au soleil derrière une vitre, et ne reste pas dans le véhicule garé. Pour la réplique elle-même et, au-delà de 2 joules, pour les armes de catégorie D, les règles de trajet sont dans notre guide Transporter son arme.
En avion, une cartouche de CO2 est une marchandise dangereuse (UN 1013, classe 2.2). Les règles pour les passagers sont dans le tableau 2.3.A de l'IATA, l'association internationale des compagnies aériennes (édition 2026). Hors dispositifs autogonflables comme les gilets de sauvetage, les autres appareils n'ont droit qu'à quatre petites cartouches d'une capacité en eau de 50 mL au plus, en cabine ou en soute, et seulement avec l'approbation de la compagnie. Demandez-la avant de faire vos bagages ; sinon, achetez vos cartouches sur place.
Réplique CO2 ou arme à air : que dit la loi ?
Le gaz ne compte pas : seule l'énergie à la bouche, celle du projectile à la sortie du canon, classe l'objet.
- Sous 2 J pas une arme
- L'article R311-1 ne tient pas pour armes les objets tirant un projectile avec moins de 2 joules à la bouche. Nos répliques au CO2 en font partie : le Dan Wesson 715 d'ASG annonce 1,6 joule, le Ruger P345 1,9 joule.
- 2 à 20 J catégorie D
- L'article R311-2 y range les armes dont le projectile est propulsé de manière non pyrotechnique avec une énergie comprise entre 2 et 20 joules. Un pistolet à plombs qui dépasse 2 joules y entre, qu'il fonctionne au CO2 ou non.
- Dès 20 J catégorie C
- Même article : à une énergie supérieure ou égale à 20 joules, l'arme passe en catégorie C, soumise à déclaration.
Une énergie annoncée n'a de sens qu'à une température donnée : Hard Air Magazine rappelle que la vitesse d'une arme au CO2 ne vaut rien sans la température de la mesure. La conversion est dans Joules et FPS, les quatre régimes dans Classer son arme, et les mots du rayon dans le glossaire.
Questions fréquentes
Combien de tirs avec une cartouche de CO2 de 12 g ?
Cela dépend surtout de la culasse, fixe ou mobile, et de la température. Hard Air Magazine a mesuré, à 18 °C, 83 tirs en moyenne avec les pistolets à culasse fixe et 66 tirs avec ceux à culasse mobile. Nos fiches annoncent une cinquantaine de tirs pour une culasse fixe : une estimation prudente. Par temps froid ou en tir rapide, comptez moins.
À partir de quelle température une réplique CO2 perd-elle de la puissance ?
Dès qu'il fait plus froid que sa plage d'usage : Umarex situe l'usage normal entre 15 et 21 °C, et Pyramyd AIR parle de puissance réduite sous 10 °C. En chiffres, la cartouche est à 57,3 bar à 20 °C, à 45,0 bar à 10 °C et à 34,9 bar à 0 °C.
Faut-il réchauffer une cartouche de CO2 avant de tirer ?
La garder au chaud, oui : une poche intérieure la tient plus près de 20 °C que l'air d'un matin d'hiver. La chauffer, non. La fiche de sécurité demande de la tenir à l'écart de la chaleur, et les fabricants préviennent qu'elle peut éclater au-delà de 48,9 °C (Crosman) ou de 50 °C (Umarex).
Peut-on laisser la cartouche de CO2 dans la réplique ?
Pas plus d'un jour ou deux. Crosman et Umarex demandent de ne pas ranger l'arme avec une cartouche dedans, pour préserver les joints, et Pyramyd AIR conseille de ne pas dépasser 24 à 48 heures. Videz-la en tirant à vide, puis retirez-la.
CO2 ou gaz : lequel marche le mieux en hiver ?
Le CO2 garde bien plus de pression. À 0 °C, une cartouche de CO2 est à 34,9 bar, et le propane, qui fait l'essentiel du green gas, à 4,7 bar. Mais tous deux perdent une part voisine de leur pression à 20 °C (39 % pour le CO2, 43 % pour le propane) : chaque réplique est réglée pour son gaz, et toutes faiblissent au froid.
Où jeter une cartouche de CO2 vide ?
Totalement vide, avec les emballages à trier, comme l'ADEME le prévoit pour les petites cartouches de siphon. S'il reste du gaz, en magasin ou en déchèterie, jamais dans le bac de tri. Et on ne la perce pas pour la vider : la fiche de sécurité l'interdit, même après usage.
Une réplique au CO2 est-elle une arme ?
Pas en dessous de 2 joules : le code de la sécurité intérieure ne tient pas pour armes les objets qui développent moins de 2 joules à la bouche. De 2 à 20 joules, c'est la catégorie D, et dès 20 joules la catégorie C. Nos deux répliques au CO2 annoncent 1,6 et 1,9 joule.
Les sources
Les tables du NIST, les manuels des fabricants, une fiche de sécurité, l'ADEME, l'IATA et le code de la sécurité intérieure. Vérifiez : cette page ne demande pas d'être crue sur parole.
- 01 NIST Chemistry WebBook, dioxyde de carbone : propriétés à saturation de -20 à 30 °C webbook.nist.gov
- 02 NIST Chemistry WebBook, dioxyde de carbone : point critique et point triple webbook.nist.gov
- 03 NIST Chemistry WebBook, propane : pression à saturation de -20 à 30 °C webbook.nist.gov
- 04 Umarex, manuel du pistolet Walther CP99 au CO2 (températures, tir rapide, pression basse, huile, stockage) umarexusa.com
- 05 Crosman, manuel du pistolet C11 au CO2 (stockage, joints, huile, retrait) pyramydair.com
- 06 Umarex USA, quelle huile pour une arme au CO2 (joints en silicone) umarexusa.com
- 07 Hard Air Magazine, combien de tirs pour un pistolet à billes au CO2 hardairmagazine.com
- 08 Pyramyd AIR, entretenir une arme au CO2 pyramydair.com
- 09 Redwolf Airsoft, qu'est-ce que le green gas redwolfairsoft.com
- 10 Fiche de données de sécurité d'une cartouche de CO2 (B.V. Corporation, cartouche EZ-Seal) medias-norauto.fr
- 11 ADEME, Que faire de mes déchets : cartouche pour siphon quefairedemesdechets.ademe.fr
- 12 IATA, tableau 2.3.A (67e édition, 2026) : marchandises dangereuses transportées par les passagers iata.org
- 13 Code de la sécurité intérieure, article R311-1 (objets de moins de 2 joules) legifrance.gouv.fr
- 14 Code de la sécurité intérieure, article R311-2 (catégories C et D) legifrance.gouv.fr